Impact environnemental de la voie d’administration du levetiracetam en réanimation
Le rapport du GIEC souligne l'urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et les médicaments représente la premier poste d’émissions dans le secteur de la santé. Cet article compare l’impact environnemental, économique et professionnel de l'administration du lévétiracétam - un antiépileptique couramment utilisé en réanimation - selon sa voie d'administration (intraveineuse, comprimé ou sirop). Toutes ces galéniques présente la même efficacité et la même tolérance pour le patient. L'étude compare les émissions carbone liées à chaque forme de lévétiracétam, ainsi que les coûts, le temps requis pour leur administration et les préférences des infirmier.e.s dans le Service de Médecine Intensive Réanimation neurologique.
Nos résultats montrent que l'administration de lévétiracétam par voie entérale (comprimé ou sirop) est non seulement plus écologique, mais aussi plus économique et plus rapide à administrer que la forme intraveineuse. En 2022, 28,6 % de la consommation de lévétiracétam dans le service était en intraveineuse, 69,7 % en comprimés et 1,7 % en sirop. Si l'ensemble du lévétiracétam avait été administré par voie orale, cela aurait permis d'économiser 1400 à 1500 kg d'equivalent CO2, 2800 à 3300euros, et plusieurs dizaines d'heures de temps de soins infirmiers. Les infirmières interrogées préféraient majoritairement l’utilisation du sirop (87 %).
L'article conclut que l'utilisation de formes entérales de médicament en réanimation, lorsqu'elles sont aussi efficaces et aussi bien tolérées que les formes intraveineuses, pourrait contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et les coûts, tout en améliorant la satisfaction du personnel soignant.
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